Marlin, thon, wahoo, dorade coryphène, carangue, vivaneau… Découvrez les grandes espèces que l'on croise et que l'on pêche dans les eaux de la Martinique — du large hauturier au littoral caraïbe.
Les eaux martiniquaises, au carrefour de la mer des Caraïbes et de l'Atlantique, abritent une faune marine d'une richesse remarquable. Des géants pélagiques qui chassent au-delà du tombant aux poissons colorés du littoral, ce guide vous présente les espèces emblématiques de l'île : à quoi elles ressemblent, où et quand les rencontrer, et comment les pêcher. Envie de passer de la théorie à la pratique ? Voyez quel poisson pêcher selon la sortie, ou réservez directement votre sortie de pêche en Martinique.
Marlin bleu
Makaira nigricansPélagique
Taille2 à 4 m
Saisondéc. → mars
Pêcheà la traîne
Roi incontesté de la pêche au gros, le marlin bleu est le plus grand des poissons à rostre des Antilles. Puissant et spectaculaire, il enchaîne les sauts hors de l'eau lorsqu'il est ferré, offrant un combat mémorable. On le traque à la traîne au-delà du tombant, au large de la côte caraïbe. Prise de prestige, il est le plus souvent relâché dans une démarche de pêche responsable.
Reconnaissable à son immense nageoire dorsale déployée comme une voile, le voilier est l'un des poissons les plus rapides de l'océan — capable de pointes fulgurantes. Combatif et acrobatique, il régale les pêcheurs sportifs par ses sauts et ses rushes. Présent toute l'année dans les eaux martiniquaises, il se pêche à la traîne près des concentrations de petits poissons dont il se nourrit.
Grand pélagique solitaire au long rostre aplati en forme d'épée, l'espadon fréquente les eaux profondes du large. Puissant et endurant, il offre un combat exigeant. Sa chair ferme et savoureuse en fait l'un des poissons les plus prisés à table. On le recherche généralement en dérive profonde, souvent en fin de journée ou de nuit, quand il remonte vers la surface pour se nourrir.
Athlète des mers, le thon jaune — ou albacore — est reconnaissable à ses longues nageoires jaune vif. Il chasse en bancs et livre des combats d'une puissance rare pour sa taille. Excellent poisson de table, très recherché en sashimi comme grillé, il figure parmi les prises les plus appréciées au large de la Martinique. On le pêche à la traîne rapide, souvent sous les oiseaux qui signalent ses chasses.
Surnommé wahoo, le thazard est un sprinteur redoutable : l'un des poissons les plus rapides au monde, capable de départs explosifs qui font chanter le moulinet. Effilé et musclé, il se pêche à la traîne rapide au-dessus des tombants et des épaves. Sa chair blanche et fine est un délice à la poêle. C'est l'une des prises côtières et hauturières les plus courues de Martinique.
Éclatante de couleurs — or, vert et bleu électrique — la dorade coryphène, ou mahi-mahi, est aussi belle que combative. Elle grandit vite, chasse près de la surface autour des objets flottants et multiplie les sauts une fois ferrée. Très appréciée à table pour sa chair fine et fondante, c'est une prise idéale, à la fois sportive et gastronomique, fréquente au large de la côte caraïbe.
Petit thonidé nerveux au dos zébré, la bonite (ou thonine) chasse en bancs serrés près de la surface, souvent sous les oiseaux. Combative pour sa taille, elle constitue une prise accessible et ludique, parfaite pour s'initier à la pêche des pélagiques. Elle sert aussi d'excellent vif ou appât pour les plus gros prédateurs. On la pêche à la traîne légère ou au lancer dans les chasses.
Long, argenté et armé d'une mâchoire impressionnante, le barracuda est un chasseur à l'affût, curieux et fulgurant dans l'attaque. Il fréquente aussi bien les tombants que les zones côtières et les épaves. Sa touche brutale et ses rushes en font une prise sportive appréciée. Attention toutefois : les gros sujets peuvent être porteurs de ciguatera et sont généralement relâchés.
Vive et increvable, la carangue est la bagarreuse par excellence de la pêche côtière. Elle chasse en petits groupes le long des côtes rocheuses, dans les passes et autour des structures. Sa touche est franche et ses rushes rageurs offrent de belles sensations, même à quelques mètres du rivage. C'est une prise idéale en famille, accessible et toujours combative.
Poisson rouge emblématique des Antilles, le vivaneau (ou sarde) vit près des fonds durs, tombants et épaves. Méfiant, il se pêche souvent au posé, appâté sur le fond, avec de belles touches surtout au lever du jour et de nuit. Sa chair blanche, ferme et savoureuse en fait l'un des poissons les plus recherchés pour la table créole.
Élégant vivaneau au corps argenté barré d'une ligne jaune vif se prolongeant sur la queue, cette espèce évolue en bancs au-dessus des herbiers et des récifs. Moins farouche que le vivaneau rouge, il offre une pêche active et régulière, parfaite pour les débutants. Sa chair délicate est très appréciée. Une valeur sûre des sorties côtières en Martinique.
Poisson de fond au corps haut et argenté, le pagre fréquente les zones sableuses et coralliennes proches de la côte. Fouisseur, il se nourrit de crustacés et de coquillages qu'il broie de ses dents puissantes. Combatif au moment du ferrage, il est réputé pour sa chair fine et délicate, très appréciée grillée. Une prise classique et savoureuse de la pêche côtière.
La sorbe est l'un de ces poissons rouges côtiers qui font la richesse des fonds martiniquais. Elle se tient à proximité des structures et des tombants, où elle se pêche au posé sur appât naturel. Prise régulière des sorties en famille, elle rejoint le panier des espèces savoureuses destinées à la table créole, aux côtés du vivaneau et du pagre.
Reconnaissable à son corps ovale comprimé et à sa petite bouche aux dents solides, le baliste (localement « bourse ») rôde autour des récifs et des épaves. Curieux et têtu, il donne du fil à retordre malgré sa taille modeste et grignote les appâts avec malice. Sa chair blanche est excellente. Une prise atypique et amusante des fonds côtiers.
Petite cousine du barracuda, la bécune chasse à vue le long des côtes et dans les baies abritées. Rapide et vorace, elle attaque volontiers les leurres brillants, ce qui en fait une cible ludique au lancer. Ses attaques nerveuses raviront les pêcheurs sportifs comme les débutants. Une espèce commune et accessible du littoral martiniquais.
Petit carangidé aux grands yeux, le coulirou vit en bancs denses près de la surface. Pêché à la mitraillette (train de petits hameçons), il fait le bonheur des enfants par la fréquence des touches. C'est aussi l'appât vivant de référence pour taquiner les gros prédateurs. Grillé ou frit, il tient une place gourmande dans la cuisine antillaise.
Long et fin comme une aiguille, le balaou (ou orphie) file en surface et bondit hors de l'eau à l'attaque. Son bec pointu et ses os verdâtres le rendent facilement reconnaissable. Vif et acrobatique, il offre une pêche de surface amusante au leurre léger. Espèce courante des eaux côtières, souvent croisée lors des sorties en famille.
Poisson trapu et puissant embusqué dans les failles rocheuses et les épaves, le mérou (localement « vieille ») cherche à regagner son trou dès qu'il est piqué : un combat de force à ne pas laisser filer. Sa chair blanche est très réputée. Espèce à préserver, elle se pêche dans le respect des tailles et des périodes, pour assurer le renouvellement des populations.
Petits poissons grégaires des récifs et herbiers, les gorettes (ou grondeurs) doivent leur nom au grognement qu'elles émettent avec leurs dents pharyngiennes. Rayées de jaune et de bleu, elles se pêchent facilement au fond sur appât et garantissent des touches régulières. Accessibles et savoureuses, elles font partie des grands classiques de la pêche côtière antillaise.
Magnifique mais redoutable, le poisson-lion est une espèce invasive venue de l'Indo-Pacifique qui colonise les récifs des Antilles au détriment de la faune locale. Ses épines venimeuses imposent la prudence. Sa pêche (au harpon surtout) est vivement encouragée pour protéger l'écosystème — et bonne nouvelle : sa chair blanche est excellente. Le pêcher, c'est agir pour la biodiversité martiniquaise.
Sources et pour aller plus loin : chaque fiche renvoie vers sa référence sur DORIS (FFESSM) ou FishBase, bases scientifiques de référence sur les espèces marines. Les tailles et saisons indiquées sont propres à la pêche en Martinique et varient selon les conditions.
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